: URANIUM SOWER :
Repeinte en noir, la galerie Hight Art accueille les travaux de Max Hooper Schneider, artiste de Los Angeles, principalement des sculptures en mouvement C’est dans des objets sensés nous rendre la vie plus confortable et distrayante tel qu’un distributeur de casino, un aquarium ou un trivial lave-vaisselle que l’artiste installe ses dioramas baroques et désastrés. L’artiste habitué à utiliser des sangsues vivantes, des moules d’os de béluga ou des escargots aquatiques met ici l’accent sur la création de décors tropicaux et marécageux éclairés par des néons multicolores chaotiques à la Jason Rhoade.
L’environnement est ravagé mais pas mort, la pourriture grouille, s’incruste tandis la végétation s’accroît et se diversifie. En glissant une pièce de monnaie dans le distributeur de casino, on peut avoir la chance de rencontrer un gros cafard gesticulant qui nous lit l’avenir à travers sa boule de crystal. Dans la pièce de Cold War Dishwasher ( Uranium Glass ) la machine à laver dont l’intérieur est aussi noir que le goudron ou la nuit, est occupé par une colonie de minuscules poissons bien vivants tournoyant autour d’une vaisselle fluorescente qui les illuminent. Les forme cylindriques des verres à champagne et autre presse-citron font penser à des coupoles de bâtiments, à une architecture démantelée, toxiquement irradié. La familiarité de l’objet plongé dans l’obscurité le transforme en pathétique bunker.
Comment dans le chef d’oeuvre aux allures de série Z ExistenZ de Cronenberg, la vision d’un futur paradoxalement se confronte à un retour vers le passé, l’archaïque, le boueux, où les mutation technologiques engendrent des games boys en forme de kystes de chair. Chez Max Hooper Schneider Les insectes pré-historiques et rebutants pullulent aussi. Cloportes, scarabées, amphibiens en tous genres tapissent ses installations presque gluantes.
Au milieu de l’exposition, on trouve un petit androïd qui s’anime. Son corps métallique est altéré, poussiéreux. À l’inverse d’un travail de DIS, il ne s’agit de l’impression d’une image d’un Wall-E made in Pixar suspendu dans une blancheur publicitaire, mais plutôt d’un résidu d’expérimentation s’extirpant d’un sol poisseux. Cette machine improductive et oubliée, cligne péniblement des yeux, effarée d’être là, elle désire manifestement survivre tandis que plus loin coule dans un lavabo un suspicieux liquide bleu ciel.
Les dessins abstraits accrochés par des chaines sont différents, le caractère minutieux des motifs pastels répétés, bien que moins géométriques font penser à ceux de l’artiste suisse guérisseuse Emma Kunz qui s’intéresse à la télépathie. Cet intérêt de mêler la pratique artistique et la scientifique, a était amorcé par la programme Art & Technology mis en place à la fin des années 60 par le LACMA.
Dans un autre travail montré à la foire Californienne Paramount Ranch absent de cette exposition, les visiteurs s’approchaient d’un cercueil rose et à l’intérieur, il avait recrée un environnement marin composé de tortues, de poissons et d’écrevisses. Le sol de ses installations est brûlé, inondée mais fertile. Entre Les installation mutantes de Alisa Baremboym ou l’esprit pop de Michele Abeles l’artiste sème cette idée que dans un monde qui n’est plus peuplé par les humains, la vie continue.
English version by Sini Rinne-Kanto at The Art Market
28/10/15